Premièrement, les anti-CPE sont de loin les mieux organisés. Les différentes AG à intervalles fréquentes sont menées par les différents représentants des syndicats étudiants de gauche et obtiennent parfois, comme à Tolbiac, le soutien du personnel. Pour avoir assisté à la dernière AG, je constate aussi que "l’effet d’entraînement" des discours et phrases chocs contre le gouvernement porte ses fruits. On est loin d’un accord solennel et idéologique de tous les étudiants mais la plupart participent volontiers à cette rébellion collective.

De l’autre côté, les étudiants contre le blocage et les syndicats de droite manquent cruellement de poids dans cette bataille. Il est vrai qu’aucune coordination concrète pour déverrouiller la Fac n’a été entreprise. Il est difficile de réunir des forces alors que les victimes du blocage ne daignent même plus se déplacer. En AG, tout étudiant contre le blocage ou favorable au CPE ne peut donner son avis sans que cela ressemble à un lynchage, leurs prises de parole ne peuvent aboutir en raison des sifflets venant des bancs. Puérile…

Alors que les meneurs réclament le silence pour toutes les autres interventions, aucun appel au calme est lancé quand c’est l’opposition qui parle. Vive l’égalité !

Plus minable encore, les leaders du mouvement de grève n’hésitent pas à traiter leurs adversaires de fascistes, sarkozystes et autre vermine à la solde du Capital. Des termes plus qu'inappropriés. Sont particulièrement visés, les membres de l’UNI (syndicat étudiant de droite) assimilés à une faction du Front National

Mercredi matin, après qu’une rumeur soit répandue par les anti-CPE annonçant l’arrivée imminente de "fascistes" à Tolbiac, les deux parties en sont venus aux mains et aux armes en pleine rue. Certains munis de barres de fer et d’autres d’extincteurs, il aura fallu l’intervention de la police (2 interpellations) pour disperser ces crétins venus d’un autre siècle.

Alors réels casseurs venus pour en découdre ou juste opposants ? La vérité est difficile à déterminer mais chaque partie n’hésite pas à user et abuser des amalgames des plus douteux pour manipuler les étudiants.

En résumé, on peut constater les actions des deux côtés se radicalisent sérieusement et qu’elles sombrent dans la violence. À croire que l'action contre le CPE va passer au second plan. Pour preuve, l’occupation de la Sorbonne fut partagée avec d’autres trouble-faits : les intermittents du spectacles. Bien que leurs revendications soient aussi préoccupantes que celles contre le CPE, le mélange des genres ne fait pas bon ménage.

Certains s’imaginent déjà révolutionnaires. A vouloir renverser le CPE, le gouvernement, la France, la mondialisation, le capitalisme et le monde entier... Tout vouloir, c’est le meilleur moyen de rien obtenir.

Note cinglante : Juliette et Edouard (crée toi un blog, tu deviens lourd), avant de me traiter de capitaliste péteux et d’ultra-néo-libéraliste, apprenez quand même que vous n’êtes pas les bienvenus ici. A mes yeux de frais vingtenaire, vous définissez parfaitement l’inutilité et les idées courtes.

Et puis, pour celle qui à peur de l’avenir de ces enfants à cause de mes idées, reste dans les clichés et va lire les commentaires de l’autre partie. Ensuite, tu me diras qui te fait le plus peur ? ;)

(Source photos : AFP, Reuters pour Yahoo !)